Feuilleton · Voyage slow et impôts : ce que tu dois vraiment déclarer quand tu vis entre plusieurs pays / Épisode 3
Ce que tu peux devoir payer dans le pays où tu séjournes (même sans y vivre vraiment)
23 septembre 2026
Précédemment
Dans l’épisode 1, on a vu pourquoi le voyage slow n’est pas fiscalement neutre : passer plusieurs mois à l’étranger peut avoir des conséquences réelles, même quand on se croit « juste en vacances ». Dans l’épisode 2, on a décortiqué la règle des 183 jours — souvent mal comprise — et montré qu’elle n’est pas la seule règle qui compte : d’autres critères peuvent te rendre résident fiscal d’un pays sans que tu le saches.
Aujourd’hui, on change de perspective. On ne parle plus de ton pays d’origine, mais des pays où tu séjournes. Ce qu’ils peuvent te réclamer — et pourquoi.
Imagine : tu passes trois mois au Portugal, deux en Thaïlande, six semaines au Mexique. Tu restes résident fiscal français, tu paies tes impôts en France, et tu te dis que tout est réglé. Sauf que chaque pays que tu traverses a ses propres règles. Certaines sont anecdotiques (quelques euros de taxe de séjour). D’autres peuvent te surprendre sérieusement si tu n’y es pas préparé.
Voici ce que tu dois vraiment savoir, destination par destination.
La taxe de séjour : le ticket d’entrée presque universel
C’est la plus simple, la plus visible, et pourtant souvent mal comprise. La taxe de séjour (tassa di soggiorno en Italie, taxa turística au Portugal, tourist tax en Thaïlande…) est une petite somme prélevée par nuit et par personne, souvent directement par l’hôtel ou le propriétaire Airbnb.
Ce que ça représente concrètement :
- À Barcelone : entre 0,75 € et 3,50 € par nuit selon le type de logement
- À Florence : entre 3 € et 5,50 € par nuit
- À Lisbonne : 2 € par nuit, plafonné à 7 nuits (soit 14 € maximum par séjour)
- À Chiang Mai (Thaïlande) : la taxe nationale de 300 bahts (environ 8 €) par entrée sur le territoire est distincte — elle s’applique à l’aéroport
En principe, tu n’as rien à faire toi-même : c’est l’hébergeur qui collecte et reverse. Mais si tu loues un appartement via un particulier peu regardant sur les règles, tu pourrais te retrouver dans une zone grise. Et dans certaines villes, le non-paiement est contrôlé.
Le piège spécifique au voyage slow : quand tu séjournes longtemps au même endroit, la plupart des villes exemptent ou plafonnent la taxe après un certain nombre de nuits (souvent 7 à 30 jours). Renseigne-toi avant : ça peut faire une vraie différence sur plusieurs mois.
Les impôts sur les revenus de source locale : le vrai risque méconnu
Là, on entre dans quelque chose de plus sérieux. Un pays peut imposer certains de tes revenus même si tu n’y es pas résident fiscal, à condition que ces revenus trouvent leur source sur son territoire.
Qu’est-ce qu’un revenu de source locale ? C’est un revenu généré par une activité ou un bien situé dans ce pays. Pour un retraité voyageur, les cas les plus fréquents sont :
- Tu loues un appartement que tu possèdes en Espagne. Les loyers sont imposables en Espagne, que tu y habites ou non. Le taux pour les non-résidents européens est de 19 %. Pour les non-résidents hors UE (si tu avais la résidence fiscale ailleurs qu’en France, par exemple), il monte à 24 %.
- Tu fais une prestation de service occasionnelle pour un client local. En Italie, un consultant étranger qui facture à une entreprise italienne peut être soumis à une retenue à la source de 30 %.
- Tu vends un bien immobilier situé dans le pays de séjour. La plus-value est imposable localement, souvent avec un abattement réduit pour les non-résidents.
Le cas du Mexique : les revenus immobiliers locaux sont imposables au Mexique pour les non-résidents, avec un taux forfaitaire de 25 % sur le montant brut ou 35 % sur le bénéfice net — tu choisis. Beaucoup de retraités qui ont investi dans un appartement à Playa del Carmen sans se renseigner ont eu une mauvaise surprise.
La bonne nouvelle : les conventions fiscales bilatérales (on en parlera en détail dans l’épisode 4) évitent en général la double imposition. Ce que tu paies au Mexique, tu le déduis de ce que tu dois en France. Mais encore faut-il le savoir, le déclarer correctement, et conserver les justificatifs.
Les statuts fiscaux spéciaux pour étrangers : des opportunités… et des engagements
Certains pays ont créé des régimes fiscaux spéciaux pour attirer les retraités étrangers. C’est souvent présenté comme une aubaine. C’en est parfois une — mais avec des conditions strictes et des effets de bord à connaître.
Le NHR portugais (Non-Habitual Resident) — aujourd’hui remplacé par le régime IFICI — permettait pendant 10 ans d’être exonéré d’impôt au Portugal sur la plupart des revenus étrangers (dont les pensions). Ce régime a été modifié fin 2023 et restreint, mais des variantes subsistent. L’enjeu : pour en bénéficier, tu dois devenir résident fiscal au Portugal. Ce n’est pas anodin — tu abandonnes ta résidence fiscale française, avec toutes les conséquences que ça implique (on y reviendra).
Le régime RES en Espagne (Régimen Especial de las personas trabajadoras desplazadas, aussi appelé « loi Beckham ») s’adresse plutôt aux actifs, pas aux retraités. Mais l’Espagne propose aussi des abattements spéciaux pour les retraités non-résidents dans certaines conventions bilatérales.
Le programme de retraite thaïlandais (Retirement Visa, ou OA Visa) n’est pas un régime fiscal à proprement parler — c’est un visa longue durée. La Thaïlande ne taxe pas les revenus de source étrangère si ceux-ci ne sont pas transférés en Thaïlande la même année qu’ils sont perçus. Depuis 2024, cette règle a évolué : les revenus transférés à partir du 1er janvier 2024 peuvent être imposables en Thaïlande si tu y es résident fiscal. Un changement discret qui peut coûter cher.
Le Mexique, lui, n’a pas de régime spécial pour retraités étrangers. Mais il applique le principe de territorialité : si tu n’y es pas résident et que tu n’y génères pas de revenus locaux, tu n’as rien à déclarer là-bas.
Ce qu’il faut retenir sur ces statuts spéciaux : ils peuvent être très avantageux, mais ils supposent presque toujours de changer de résidence fiscale. Ce n’est pas une décision à prendre à la légère, et elle se prépare plusieurs mois à l’avance.
Ce qu’on a vu
- La taxe de séjour existe dans presque tous les pays prisés des voyageurs slow. Elle est généralement perçue par l’hébergeur, plafonnée en cas de long séjour, et reste une dépense modeste.
- Les revenus de source locale (loyers, plus-values, prestations de service) peuvent être imposés dans le pays de séjour même si tu n’y es pas résident fiscal. C’est le risque le plus souvent sous-estimé.
- Certains pays proposent des régimes fiscaux spéciaux attractifs pour les retraités étrangers (Portugal, dans une moindre mesure Thaïlande), mais ils impliquent presque toujours de changer de résidence fiscale — ce qui n’est pas anodin.
- Dans tous les cas, les conventions fiscales bilatérales sont la clé pour éviter de payer deux fois. Mais elles ne jouent pas automatiquement : il faut les déclarer et les documenter.
Demain
On a parlé jusqu’ici de où tu es imposé. Mais concrètement, quels revenus sont concernés et comment sont-ils traités ? Ta pension de retraite, ton loyer en France, ton assurance-vie, tes dividendes… Chacun a ses règles propres selon que tu restes résident fiscal français ou non. C’est le cœur du sujet — et souvent là que se cachent les vraies économies, comme les vraies erreurs. On décortique tout ça dans le prochain épisode.
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Cet article a été rédigé par une intelligence artificielle. Il est informatif et ne constitue ni un conseil médical, ni un conseil juridique, ni un conseil en investissement.